Articles

Sicaires (22) On the road again !

Image
Chapitre XXII.- On the road again ! John suivit Lino jusqu'au bar du lounge où il prit deux SP - la Heineken locale - puis revint au petit salon du fond. Ils s'assirent face à face à un guéridon comme ils avaient l'habitude de le faire quand en mission ils devaient débattre d'une "sortie de crise", une solution à un empêchement imprévu. John attendait. Lino réfléchissait en silence. Il n'avait pas décapsulé les bouteilles. - C'est compliqué, commença Lino. - Va toujours, mais dis-moi plutôt ce que je peux faire car tu sais bien que j'ai du mal avec les complications. - Comme je te l'ai dit hier soir, j'avais un associé allemand dans la société de Lae. C'est là que nous travaillerons ensemble, et pas ici. Cet associé a disparu après une excursion que nous avons fait ensemble dans un port ayant sa page d'histoire dans la Guerre du Pacifique ; et comme le gonze est une figure de la diaspora européenne à Port-Moresby, la Justice ...

Sicaires (21) John en enfer !

Image
Chapitre XXI.- John en enfer Au Caire, l'officier de l'Immigration bloqua les deux passeports et les apporta à son chef, lequel indiqua le fond du hall. - Vous devez passer porte 43 au fond du hall, dit-il en tendant le bras : [ Goods and Commodities Dept. ] John poussa la porte et buta contre un comptoir haut sur lequel il posa les passeports. Un officier des Douanes les prit et observa minutieusement les tampons maltais du service de fret de La Valette puis apposa les siens et rendit les deux passeports en indiquant la porte derrière lui. Au fond d'un couloir ils aboutirent à la salle d'embarquement pour les Emirats. Grandchamps les avait prévenus que l'avion serait vidé à Sharjah le temps nécessaire à compléter les soutes de carburant et à nettoyer la cabine. Tous les passagers seraient conduits au Duty free mais ni l'un ni l'autre ne devait acheter quoique ce soit même en espèces parce que les passeports étaient ouverts à la caisse pour éviter la fr...

Sicaires (20) Détectés par amour !

Image
Chapitre XX - Détectés par amour ! C'est à peu près à cette époque que John avait rencontré Maïté dans un bouge de Naples, une petite italo-espagnole avec qui il avait plaisir à parler le castillan, l'italien n'étant pas son fort, sauf dans l'insulte. Ils avaient projeté de faire la petite croisière des îles pontines en passant au retour par Capri après Ischia. Ce fut un rêve éveillé de cinq jours tant ils s'entendaient bien. Grisés de romantisme, ils firent les touristes... jusqu'au moment où "Adrien" fût hélé par son nom : - Hey, John ? Mais que fous-tu là ? C'était Hans et Johan, les deux énormes tantes hollandaises de la TRANSECURE LIMITED, emperlouzées comme pas possible avec des boucles d'oreille en corail sur des chemises hawaïennes. Des vacances en amoureux chèrement gagnées. Mal à l'aise, John ne sut que dire plus : - En vacances... comme vous, les gars ! Maïté ouvrait de grands yeux et John lui fit signe d'avancer et ...

Sicaires (19) Edward de Monfreid

Image
Chapitre XIX - Edward de Montfreid A part deux grains sévères mais brefs, la traversée de la mer de Bismarck fut sereine, sauf la houle hachée levée par le vent contre le courant naturel des Solomons. Captain Edward avait décidé de piquer sur Kalili Harbour pour caler son passage du canal de St.George au soleil levant pour gêner toute observation depuis Kokopo, la capitale de New Britain, et en prenant la précaution de passer derrière L'île du Duc d'York en route pour Buka. Le "lest" en cale amortissait les crêtes de la houle mais les deux chauffeurs papous peu amarinés étaient malades. Si Lino n'était pas si flambard, Edward et les Chinois ne montraient aucune gêne. Cette allure de trois-quart arrière imprimait des accélérations désagréables pour qui n'était pas marin. Chacun se demandait comment serait la mer dans le détroit resserré et appréhendait le passage. Ils croisèrent deux boutres de pêche et trafic en tout genre, un peu pirates à l'occasion,...

Sicaires (18) - Lino de Monfreid

Image
Chapitre XVIII : Lino de Monfreid A Wabag dans les Highlands occidentales, Lino avait demandé la piste pour la côte du nord qui n'était qu'à 180 kilomètres à vol d'oiseau. Le chef de clan l'avait assuré d'une piste très praticable pour des mulets mais pas pour des véhicules. Elle arrivait à une grande rivière qui après se jetait, disait-on, dans une très grande mer. Le problème est que le district n'avait pas de mulet. Lino calcula que remonter des caisses de la côte pouvait se faire en remontant les méandres de la Sepik River et son affluent la Yuat River avec un bateau à faible tirant d'eau. De la rivière à Wabag il y avait 50 kilomètres à vol d'oiseau soit autour de 80 kilomètres par la piste, deux jours et demi. Il serait toujours plus sûr de descendre les caisses en convoi de trekking que par la mer où la contrebande était assez surveillée à cause de l'immigration nautique en provenance des Moluques. Mais il fallait résoudre le transport par l...

Sicaires (17) - Au clair de la lune

Image
Chapitre XVII : Au clair de la lune La dispute eut lieu la veille du jour où débarquait le prochain trek à l'aéroport de Lae-Nadzab. Lino invita Borossian à une ballade en voiture au prétexte d'aller chercher des vivres frais à Finschhafen en y faisant un repas de langouste. C'est au retour qu'il attaqua. - Tu m'as caché que tu smeuglais ! commença Lino. - Oui, répondit Borossian et après un temps de silence, parce que je ne voulais pas te mouiller et parce que je n'avais pas prévu que vous veniez en croisière avec ta femme. - Une descente des garde-côtes sur le bateau me foutait dans la merde, reprit Lino, mais vraiment, c'est très sérieux. Je me tiens loin des rangers, garde-forestiers, douanes et narcotics pour ne pas voyager au-dessus de 50 ou 60 fusils US-M1 ! - Comment tu sais ça ? - Je connais les caisses en bois ciré. Elle viennent de l'Ordnance US et même en ponçant les mentions au pochoir pour y écrire n'importe quoi en javanais, je...

Sicaires (16) - Corporate

Image
Chapitre XVI : Corporate Il fallut deux mois pour organiser l'association à Port Moresby parce que Lino comme Captain Nick voulait faire les choses officiellement. Ainsi naquit la PAPUA DISCOVERY PTY LTD. Puis deux autres mois furent nécessaires pour régler les détails derrière lesquels se cache le démon, dit-on. Cela se fit par deux charters et deux treks complets. Quand tout fut calé, la Solomon Queen fut relocalisée à Lae. Captain Nick brassait du vent pour attirer l'attention du chef de district et du gouverneur de Morobe. Ses affaires intéressèrent rapidement les autorités et on échangea des cadeaux de bonne entente, de plus en plus de cadeaux accroissant l'entente. Le gouverneur offrit donc un ancien entrepôt désaffecté sur les docks qui avait été un chantier naval de pêche jadis, et qui était la reconversion d'une station japonaise de la dernière guerre. Tout l'intérêt était dans sa disposition avec un slip à bateau sur rail. Le chariot adapté rouillait au ...